Coup de projecteur
Les anciennes presses d’imprimerie de l’ESADTPM reprennent vie
Ces dernières semaines, avant le déménagement de l’ESAD TPM vers ses nouveaux locaux à Chalucet, deux illustres presses d’imprimerie de l’école ont été entièrement restaurées. Elles sont aujourd’hui, et ce pour le plus grand bonheur des professeurs et des étudiants de l’ESAD, en état de marche !
Elles étaient restées endormies depuis de nombreuses années, hors d’état de marche et stockées par l’Ecole Supérieure d’Art et de Design TPM dans l’un de ses ateliers du boulevard Commandant Nicolas, les deux anciennes presses d’imprimerie : une taille douce de graveur signée Ledeuil et offerte à l’école par Olive Tamari (ancien directeur de l'école des Beaux-Arts de Toulon et peintre célèbre), ainsi qu’une lithographique signée Eugène Brisset (1862), sont désormais entièrement restaurées.
Comme neuves ou presque
Ces deux illustres machines datant du milieu du XIXème siècle et acquises par l’école à des dates inconnues, sont aujourd’hui comme neuves, ou presque ! En effet, leurs restaurateurs venus de Fréjus, le lithographe Mario Ferreri et son fils ont pris soin de laisser les traces du passé, respectant leur histoire et gardant leur patine.
Rencontré au moment de la restauration de la presse lithographique Eugène Brisset, celui qui dès l'âge de 16 ans, en 1976, a appris le métier de lithographe auprès de son frère ainé, nous explique : « Quand je restaure ces pièces anciennes, je sens leur passé. [...]Cette presse a vu beaucoup de lithographes, d’artistes peintres, d’élèves d’école d’art … Je tiens à garder ces patines d’antan. Je les mets juste en valeur avec un vernis. »
Et effectivement, d’un seul coup d’œil, nous sommes transportés dans une époque bien différente de la nôtre, celle d’avant l’automatisation et l’électricité où les artisans travaillaient encore à la main, à l'aide de manivelles et de pédales.
« C’est la 12ème presse litho, XIXème, que je remets en marche. Concernant cette pièce, nous avons dû entièrement l’ouvrir et la désosser avant de la décaper, de la gratter et de la poncer avec des brosses métalliques, du papier de verre et des ponceuses électriques. Ensuite, il a fallu fixer les pièces en bois. Nous avons eu de la chance, car celles-ci ont été épargnées par les insectes xylophages friands de ce bois massif. Seule la pédale a été légèrement attaquée et a dû être renforcée. Deux contrepoids, une barre de pression et une butée ont été également remplacés. Concernant les ferronneries, nous avons bénéficié du savoir-faire du ferronnier de l’école, Rémy Levraud. » Poursuit ce passionné, fier de rajouter « Quand elle va être remontée, vernie avec toutes les pièces en fer repeintes, elle sera magnifique! »
La difficulté de ce type de restauration ? « Il y en beaucoup ! Mais, c’est un savoir-faire. Comme tous les métiers d’art : c’est 10% de théorie et 90% de pratique ! », s’amuse-t-il.
Une chance pour l'ESAD TPM
Pour l’école, ces deux presses restaurées sont une véritable aubaine. Elles vont pouvoir dès à présent réintégrer les ateliers de gravure et permettre aux élèves de l’école de s’initier sur des machines d’une grande qualité. « Une fois restaurées, il n’y a plus qu’à s’amuser ! C’est un formidable outil de création graphique. On peut tout faire avec. Ces presses permettent des merveilles. La limite est seulement dans l’inspiration de l’artiste. Ce n’est pas un hasard si tous les peintres du 20ème ont fait ou font de la lithographie, du plus petit au plus grand, que ce soit Picasso, Chagall, Matisse, Dali, Van Dongen… un peu plus avant Mucha ; Chéret, Lautrec… », poursuit le lithographe.
Un savoir-faire rare enseigné à l'école
Ainsi, ces deux presses remises en état de marche vont redonner vie à un savoir-faire oublié et qui pourtant jadis a eu pourtant son heure de gloire, comme le rappelle Mario Ferreri : « On n’est plus beaucoup à détenir ce savoir-faire, c’est pourquoi, je suis heureux de former plusieurs élèves dans le circuit des métiers d’art. Je fais aussi beaucoup de manifestations artistiques dans des écoles d’arts, les salons de bandes dessinées… Et je remarque avec joie que le métier réapparait, les jeunes se forment et il y a de plus en plus d’ateliers qui se créent. On revient de loin car il y a 20 ans, c’était un métier complètement oublié ! ».
Une chance donc, mais aussi une spécificité pour l’école de posséder cet enseignement : « Nous avons cette possibilité, à l’Ecole supérieure d’Art et de Design, d’avoir des enseignants dans les domaines de la lithographie, de la gravure qui forment les étudiants et élèves des cours amateurs à ces différentes techniques. C’est relativement rare de trouver ce type d’enseignement : les métiers du livre, de la gravure, de la lithographie, de la reliure… On travaille en osmose avec les différents métiers d’art et avec les spécificités des nouveaux médias et du numérique. »
L’ESAD TPM réserve d’ailleurs à ces magnifiques outils une place de choix dans le nouveau bâtiment : « Les Beaux-arts », prouesse architecturale réalisée par Corinne Vezonni, architectes et associés : « le déménagement nous donne l’occasion de les placer à des endroits très particuliers, à l’entrée des ateliers pour être utilisées, mais aussi en partie basse du bâtiment pour pouvoir être vues de l’extérieur par les passants. »
Ces deux illustres presses viennent donc rejoindre l’atelier de gravure et de lithographie de l’école et compléter les outils déjà existants dont la presse, plus récente, Gari Thibaud.
« Je suis très satisfaite de récupérer ces deux belles presses pour mon atelier », nous avoue Nathalie Rodriguez, enseignante Gravure. « A mon arrivée à l’école, la presse taille douce Ledeuil fonctionnée encore. Mais elle est rapidement tombée en panne, comme cela arrive souvent avec les anciennes presses de ce type, les rouleaux du bas se sont s’affaissés, la rendant inutilisable. Ça fait donc près de 10 ans qu’elle ne fonctionnait plus, privant l’école d’un bel outil. Et ça nous a manqué ! Car les étudiants sont nombreux. Nous allons à présent pouvoir travailler plus confortablement. Et, grâce à elles, développer la sérigraphie, la lithographie, la gravure… Bref, toute la chaine graphique et ainsi croiser les techniques. », se réjouit-elle.
Un peu de technique
La presse à taille-douce est un dispositif d'impression des gravures en creux, c’est-à-dire utilisant des plaques métalliques où le motif a été gravé ; l’encre étendue sur la plaque et demeurant dans les creux se reporte sur le papier sous l’effet d’une forte pression. « Il s’agit d’une pression constante que l’on règle. Il y a deux rouleaux, un dessous, un dessus et un plateau qui passe d’un côté et de l’autre. Sur celui-ci, on a préalablement déposé la matrice qui est une pièce de métal, de zinc ou de cuivre qui a été encrée et essuyée d’une certaine façon. C’est tout l’art de la gravure, cela dépend de la sensibilité de l’essuyage, ce n’est jamais pareil ! Nous explique le professeur Nathalie Rodriguez.
La presse lithographique se compose, quant à elle, d’un bâti en bois massif, supportant un chariot mobile longitudinalement, qui reçoit la pierre. Un porte-râteau transversal, pouvant être relevé ou abaissé au moyen d’une pédale, maintient un râteau, pièce de bois rectiligne garnie de cuir. Une manivelle à bras rayonnants fait avancer le chariot, dont la pierre encrée, sur laquelle on a disposé la feuille de papier et un habillage — des feuilles de papier en nombre variable, sous le râteau qui exerce la pression voulue au passage. Le chariot repose sur un cylindre parallèle au râteau. Le retour se fait au moyen d’un contrepoids, le râteau étant alors soulevé.
« Pour le tirage des estampes et lithographies d’art, c’est parfait !", explique Mario Ferreri. « Ici, avec ce modèle Eugène Brisset, vous avez une pression horizontale, le porte chariot va de gauche à droite, et de droite à gauche, alors que sur les autres, il y a une montée verticale. Donc, c’est plus pratique pour les écoles d’art car ça évite aux étudiants de lever le plateau très lourd. »
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